En préalable et pour une totale clarté, tous nos membres sont persuadés de la nécessité de développer les énergies décarbonées qui sont les seules capables de maîtriser le dérèglement climatique en cours.
Rappelons l’objectif de l’association décrite à l’article 2 « <Objet Social » il s’agit de « la protection du cadre de vie, du patrimoine et de l’environnement ». L’association est donc ici parfaitement dans son rôle.
La préfecture des Hautes Pyrénées qui a accordé l’implantation de ce projet sur le plateau du Cambasque a pris une décision qui parait incompréhensible et incohérente car ce site fait l’objet de nombreuses mesures de protection.
1 – Pourquoi le préfet a-t-il pris cette décision incohérente ?
Ce gave se trouve à la confluence de nombreux espaces protégés
– Il est à proximité immédiate de la zone cœur du parc national et dans l’aire optimale d’adhésion du parc lui-même.
-Le gave du Cambasque est un affluent de la zone spéciale de conservation (ZSC) du gave de Pau et site Natura 2000. « Péguère – Barbat – Cambalès » . Ce projet s’inscrit directement dans quatre zones naturelles d’intérêts floristiques et faunistiques (ZNIEFF) : Val d’Azun et haute vallée de Cauterets – Massif du Vignemale et vallées adjacentes – Gaves de Cauterets – Massif du Cabaliros et du Monné).
– Il est dans un site naturel classé au titre de la loi de 1930 « bassin du gave de Cauterets » (28/07/1928). Un décret en Conseil D’état étendra ce classement à l’ensemble du bassin du gave de Cauterets: cf le rapport IGEDD (Inspection Générale de l’Environnement et du Développement Durable) qui écrit à la Commission Supérieure des Sites perspectives et Paysages du 21/09/2023. « Aujourd’hui encore des projets d’implantation de centrales hydroélectriques sur les gaves du bassin voient le jour ».
Incohérence des arrêtés préfectoraux :
Alors que l’arrêté de 2020 a autorisé une centrale hydroélectrique sur le Cambasque, l’autorisation environnementale d’exploiter une autre centrale hydroélectrique sur le gave du Bastan de Barèges a été rejetée par l’arrêté préfectoral du 07/11/2023 (N° 65-2023-11-06-00002) avec les mêmes arguments écologiques développés pour le projet du Cambasque, dont la présence d’espèces protégées : desman – calotriton – loutre – euprocte etc…
Le Photovoltaïque et l’éolien sont interdits dans cette vallée pour préserver la qualité des paysages, et ce projet resterait autorisé alors qu’il cumule atteinte à la beauté des paysages par quasi-disparition d’un gave et une atteinte inévitable à la biodiversité.
Le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) qui dépend à la fois du Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation et du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche a émis un avis défavorable à ce projet (avis N° 2019-07-13d-00856 du 12/08 /2019)
2- Autoriser ce projet est permettre à un opérateur privé de réaliser une opération financière profitable
L’eau est un bien commun qui doit être protégé et géré de manière collective. Son accès ne devrait pas profiter à un intérêt particulier. Au motif de produire de l’énergie renouvelable, cette opération permettrait à Pyrénées Energie de réaliser une opération profitable sans risque puisque EDF a l’obligation d’acheter l’électricité des exploitants à un tarif garanti et subventionné (environ 0,10€/KWh actuellement pour ce type de centrale hydroélectrique nouvelle).
3- Ce projet n’est pas motivé par une « Raison impérative d’intérêt public majeur » contrairement à l’affirmation administrative.
–La production d’électricité française est décarbonée à 94% (source RTE : bilan électrique 2023)
En 2023 les chiffres de production d’électricité pour la France ont été de 494TWh. Le nucléaire a représenté 65% de cette production. L’Hydroélectrique représente 12%. L’éolien a produit 10.3%. Le solaire a produit 4.3%, le gaz émetteur de CO² n’a produit que 6%, toutefois il n’est utilisé que momentanément pour écrêter les pics de consommation lors des périodes de forte demande ou subvenir aux périodes d’absence de vent et de soleil.
– En outre notre communauté de communes (CCPVG) de la vallée abrite déjà de nombreuses centrales et peut fournir 531MW d’hydroélectricité. La plus importante est celle de Pragnères, elle est capable seule d’alimenter la consommation moyenne d’une ville de 185 000 habitants alors même que la population de cette communauté de commune accueille 15 226 habitants.
– La France produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme, obligeant les producteurs à payer pour exporter leur surplus. (Source France Info : publié le 17/4/2025)En 2024, sur les 536 TWh d’électricités produites, près de 101 TWh ont été exportés vers les pays limitrophes. Ce surplus d’électricité coûte cher aux producteurs, car ils n’ont pas de solution pour le stocker. Ils doivent donc s’en débarrasser rapidement.
Les producteurs doivent en quelque sorte « payer pour vendre », ou en tout cas payer pour l’écouler sur le réseau. La commission de régulation de l’énergie estime que les producteurs ont perdu 80 Millions d’€ l’an dernier.
4- des solutions alternatives existent
Il a été identifié une zone pour l’hydroélectricité à AGOS-VIDALOS (incluse dans l’intercommunalité concernée : la CCPVG), tout comme une zone favorable au solaire.
En outre de nombreuses zones APER (zones d’accélération de production d’énergie renouvelables) ont été identifiées et validées dans les Hautes Pyrénées et la région Occitanie (parcelles incultes ou non cultivées – secteurs dégradés etc…) et pour lesquelles de nombreuses communes se sont déclarées favorables. Le plateau du Cambasque n’y apparait évidemment pas.Visualiser les zone d’accélération | DREAL Occitanie
Pour le village de Cauterets lui-même un projet de turbinage du réseau d’adduction d’eau potable (réseau AEP) a été étudié et n’attend que les permis de réalisation